Courrier de l’ambassade américaine: un rappel et une alerte
L'ambassade américaine est critiquée pour avoir envoyé un courrier aux entreprises françaises leur demandant de renoncer à toute politique de discrimination positive et d’égalité hommes-femmes si elles veulent travailler avec l’État américain. Cette ingérence anti-woke dans les politiques internes de nos entreprises, assimilable à du chantage économique, est dénoncée comme une forme d’extraterritorialité idéologique imposée par l’administration Trump. Mais, même si elle est un peu cavalière, l’important est ce que la démarche américaine nous rappelle : la méritocratie mise à mal pendant des décennies par le communautarisme à l’anglo-saxonne doit être pleinement rétablie partout... L’article Courrier de l’ambassade américaine: un rappel et une alerte est apparu en premier sur Causeur.

L’ambassade américaine est critiquée pour avoir envoyé un courrier aux entreprises françaises leur demandant de renoncer à toute politique de discrimination positive et d’égalité hommes-femmes si elles veulent travailler avec l’État américain. Cette ingérence anti-woke dans les politiques internes de nos entreprises, assimilable à du chantage économique, est dénoncée comme une forme d’extraterritorialité idéologique imposée par l’administration Trump. Mais, même si elle est un peu cavalière, l’important est ce que la démarche américaine nous rappelle : la méritocratie mise à mal pendant des décennies par le communautarisme à l’anglo-saxonne doit être pleinement rétablie partout.
Voilà quelques jours, un courrier émanant de l’ambassade américaine à Paris parvenait à certaines entreprises françaises. La teneur de cette lettre a de quoi surprendre. Et elle a surpris, en effet. Disons que ce texte s’inscrit parfaitement dans ce qu’on sait de la manière trumpiste. C’est laconique, net, et tout de même un rien comminatoire. Cinq jours pour répondre. Deux cases à cocher. Il faut bien dire que nous ne sommes guère habitués à cela.
DEI, c’est fini !
De plus, il est vrai, le contenu frise la menace. Si les entreprises françaises entendent continuer à travailler avec les États-Unis et garder leur place dans cet immense marché, elles doivent s’engager à renoncer à ce qu’on appelle ici la « discrimination positive » et là-bas l’« Affirmative action ».
John Fitzgerald Kennedy est le premier à avoir employé cette expression. Aussitôt, ainsi portée et promue par cette icône politique, elle fit florès, on s’en doute.
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Instituée aux Etats Unis dans les années 60, ce dispositif vise à corriger un certain nombre d’inégalités, notamment à destination des descendants d’esclaves, mais aussi, par extension, des citoyens discriminés du fait de leur origine ethnique, de leur sexe, etc… Difficile de ne pas voir là comme une esquisse de manifestation de repentance. Il n’en faudra pas plus pour assurer le succès de la démarche en France où, on le sait, le culte du mea culpa n’est pas mince.
L’intention est évidemment des plus louables. Corriger autant que faire se peut les inégalités sociales, culturelles. Fort bien. Or, dans la pratique, on se heurte très vite à une réalité aussi peu satisfaisante pour le cœur que pour l’esprit, à savoir que c’est très souvent au prix d’une injustice qu’on corrigera l’inégalité.
Quotas
On connaît l’anecdote maintes fois rapportée de ce candidat d’abord recalé au concours d’entrée à Harvard, puis repêché quelques jours après. « Nous ne savions pas que vous étiez noir », croit bon de se justifier l’administration de la prestigieuse université. Donc, le jeune homme entre effectivement à Harvard. Mais puisque c’est un concours à numérus clausus, un autre candidat, ayant, lui, parfaitement réussi l’épreuve, se trouve de facto écarté. D’où l’évidente injustice.
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En France, depuis 2001, il est prévu un quota d’entrées à Sciences po au titre de la discrimination positive. À la clef, dispense des épreuves d’admission imposées aux autres étudiants. Certes, on corrige en trompe-l’œil l’égalité d’accès, mais nullement l’égalité de niveau. Réaliser cette égalité-là, celle du niveau de connaissances, est censé être la mission première de l’école de la République. Égalité de tous devant l’apprentissage du savoir, le reste devant se faire au mérite. On en est loin aujourd’hui, chacun est à même de la constater. Et de le déplorer.
Pour cavalière, impertinente et dérangeante que soit la démarche trumpiste, l’important est ce qu’elle nous rappelle : la prévalence du mérite, en effet.
Un rappel donc, mais aussi un constat que nos responsables politiques en charge de ces sujets ne semblent pas disposés à prendre en compte.
Ce sur quoi cherche manifestement à nous alerter l’administration US au moyen de ce courrier, c’est que désormais la discrimination positive n’est plus la généreuse démarche des intentions d’origine, mais le cheval de Troie du wokisme en entreprise. Pour les minorités discriminées – ou se prétendant telles – elle n’est plus une voie d’intégration mais un instrument de conquête, de prise de pouvoir. C’est bien là le vrai message de ce courrier. En ce sens, il mérite notre attention.
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