Les Sœurs musulmanes vous offrent une thérapie divine à l’Institut du Monde Arabe !

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Avr 4, 2025 - 19:22
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Les Sœurs musulmanes vous offrent une thérapie divine à l’Institut du Monde Arabe !

Des militants prosélytes l’assurent : du point de vue psychologique, les musulmans (et les musulmanes) ont besoin d’une approche spécifique…


Le 15 décembre 2024, l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris a accueilli un événement intitulé « Mizan (« Équilibre » en arabe) – Explore tes traumas transgénérationnels et transculturels sur une journée immersive à Paris ». Cet évènement a été organisé par Hafsa Kerkri, psychologue diplômée d’un Master 2 en psychologie de l’Université de Caen, et ayant poursuivi une spécialisation en psychologie islamique au Cambridge Muslim College en 2024 – Rien à voir avec l’Université de Cambridge, évidemment NDLR.

Elle revendique une approche thérapeutique basée sur l’intégration des principes islamiques dans la pratique psychologique, comme en témoigne la présentation de son cabinet, qui se veut un espace où « l’islam est intégré à la thérapie »1.

« Mizan » ou l’art de guérir l’âme avec une bonne dose de charia

L’événement « Mizan » a également été marqué par la participation de l’inénarrable Mariem Saghrouni, figure de proue de la psychologie islamique en France et diplômée en 2018 de l’Université Paris 13. La Sœur Mariem Saghrouni est issue d’un milieu familial étroitement lié aux Frères musulmans puisque son père, Mohamed-Taïeb, est un ténor reconnu au sein du mouvement qui a occupé le poste de délégué de la région Nord de l’organisation dès 1990 et a été un administrateur actif de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France). Son inclinaison envers la pensée de Sayyid Qotb, favorable au djihad armé, a été signalée2. Dans sa jeunesse, Mariem Saghrouni a été impliquée dans les mouvements de jeunesse des Frères Musulmans, notamment en tant qu’administratrice de l’EMF (Étudiants Musulmans de France) et conférencière régulière pour l’UOIF. Mariem Saghrouni, s’inscrivant dans la dynamique de la psychologie islamique, a rédigé un travail de recherche intitulé « Decolonizing the Mind: Colonial Legacy, Intergenerational Trauma, and Resilience in the Maghrebi Diaspora in Europe ». Cette étude, axée sur les traumatismes intergénérationnels au sein de la diaspora maghrébine en Europe, lui a valu une invitation à l’International Conference IPCON 2025, un événement dédié à la psychologie islamique, organisé par Shifa Tameer-e-Millat University (STMU), une institution pakistanaise d’Islamabad. Sur son profil LinkedIn, elle exprime sa gratitude et déclare : « J’accepte avec sérénité le décret d’Allah et reste reconnaissante pour cette reconnaissance académique mondiale dans le monde de la psychologie islamique ».


Les points communs entre ces deux psychologues sont nombreux : port revendiqué du hijab, suivi des patients exclusivement en ligne (ce qui permettrait de respecter les normes halal dans le champ de la thérapie), militantisme aligné avec la vision des Frères musulmans, volonté de toucher un public musulman – et essentiellement féminin – en pleine expansion, volonté de diffuser la psychologie islamique en France, dont la discipline a émergé au sein d’universités islamistes pakistanaises.
En marraine de l’évènement, nous retrouvons Zina Hamzaoui, sage-femme de Molenbeek et chroniqueuse pour la station de radio belge AraBel FM, organe de propagande des Frères musulmans tunisiens.

Tout un business séparatiste

Cet événement s’inscrit dans un courant en pleine expansion, car la psychologie islamique connaît une popularité croissante. Cela se reflète notamment par la création d’une plateforme telle que « Ma psy musulmane », un Doctolib exclusivement dédié aux psychologues musulmans ; mais aussi par la création de l’AFPI (Association Francophone de Psychologie Islamique) et la tenue du premier colloque francophone de psychologie islamique en février dernier à Bobigny. Partout, il est répété en boucle que les musulmans auraient des besoins spécifiques dans le domaine de la psychologie…

Enfin, l’événement de l’IMA serait incomplet sans la présence de sponsors de qualité qui ne soient à la hauteur du prestige du lieu. Parmi eux, nous retrouvons l’EMF, l’antenne de la jeunesse frériste en France ; MyZawajmatch, une nouvelle application de rencontres musulmanes validée par le Cheikh Chamsouddin Chamouini, imam de la mosquée de Massy – lieu dénoncé comme une plaque tournante du frérisme en France3 ; nous pouvons également flâner sur le stand de MuscPay, une application de finance islamique qui propose à ses adhérents la création d’un RIB belge conforme aux principes de la charia.
Avec de telles intervenantes et de tels sponsors de qualité, il ne fait plus aucun doute que les visiteurs disposent désormais de tous les outils nécessaires pour prendre en charge leur santé mentale et aborder l’avenir avec sérénité !

Comment l’Institut du Monde Arabe a-t-il pu accepter pareille foire en son sein ?

Rappelons que l’IMA a salarié, à partir de 2001 – et donc payé avec nos impôts – Houria Bouteldja, la sulfureuse indigéniste, et que son patron Jack Lang affirmait à l’époque que l’IMA n’avait « aucun problème avec elle » (​Houria Bouteldja a été employée par l’Institut du Monde Arabe (IMA) depuis au moins 2001, occupant le poste de « chargée de la location des espaces » . Des sources datant de 2021 confirment qu’elle était toujours salariée de l’IMA à cette époque. Cependant, les informations disponibles ne permettent pas de confirmer si elle occupe encore ce poste en avril 2025 NDLR). Auteur de Les Blancs, les Juifs et nous, ouvrage disponible dans la boutique de l’IMA, la militante décolonialiste affirme appartenir « à [sa] famille, à [son] clan, à [son] quartier, à [sa] race, à l’Algérie, à l’islam ». En 2012, elle écrivait carrément que « Mohammed Merah c’est moi et moi je suis lui. Nous sommes de la même origine et surtout de la même condition. Nous sommes des sujets postcoloniaux. Nous sommes des indigènes de la république… Je dis ce soir, je suis musulmane fondamentale ». Son livre Les Beaufs et les Barbares, disponible à la bibliothèque de l’IMA, est résumé ainsi sur le site : « L’auteure décrit les diverses manifestations de ce qu’elle appelle l’État racial intégral, comme l’indifférence de la société civile, l’impérialisme ou la fidélité des organisations politiques au pacte national racial. Elle invite ensuite à se servir de ses faiblesses pour construire une politique décoloniale, défendre l’autonomie indigène et concurrencer l’extrême droite ».

Si l’IMA a salarié Mme Bouteldja, il n’y a rien de bien étonnant alors à ce que l’Institut laisse aussi s’exprimer ouvertement des sœurs musulmanes psychologues. Quoi de plus naturel ?

Souvenons-nous également qu’en 2022, à l’occasion de l’exposition « Juifs d’Orient », réalisée grâce aux prêts d’institutions israéliennes dont le musée d’Israël à Jérusalem, l’IMA s’était retrouvé au cœur d’une polémique. Une pétition avait été lancée par le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), mouvement pro-palestinien qui appelle systématiquement au boycott d’Israël, signée par environ 250 personnalités et par une poignée d’intellectuels qui estimaient inacceptable de mettre en avant un régime « colonial » qui pratiquerait la ségrégation envers les Palestiniens. Parmi les signataires, on trouvait le réalisateur palestinien Elia Suleiman, et le diplomate algérien Lakhdar Brahimi. Le texte affirmait « que l’Institut du monde arabe trahit sa mission intellectuelle en adoptant cette approche normalisatrice — une des pires formes d’utilisation coercitive et immorale de l’art comme outil politique pour légitimer le colonialisme et l’oppression ». L’IMA avait répliqué très sobrement : « Le soutien de l’IMA et de son président Jack Lang au peuple palestinien et à la paix est sans faille. »

On comprend peut-être mieux dès lors pourquoi nos « Sœurs musulmanes » se sentent comme chez elles à l’IMA, comme en terre conquise.

Le mélange est subtil : dans ce lieu de haute culture, on soigne l’âme, tout en distillant des notions de lutte contre l’impérialisme et d’émancipation radicale. Bienvenue à l’Institut du Monde Arabe où l’équilibre, le Mizan, entre culture, politique et spiritualité semble avoir trouvé sa propre formule magique… Mais parfois au détriment de l’esprit républicain.


  1. https://www.hafsapsychologue.com/ ↩
  2. https://collectiflieuxcommuns.fr/IMG/FM/index.html ↩
  3. https://www.islamisation.fr/2019/04/08/la-mosquee-de-massy-inauguree-par-le-maire-et-laval-du-prefet-malgre-son-orientation-freriste/ ↩

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