«Un 7-octobre personnel»

Trois hommes ont été condamnés à huit ans de prison pour l’enlèvement d’Itay Kashti, un producteur de musique israélien vivant à Londres qu’ils ont attiré au Pays de Galles, ligoté à un radiateur et agressé... L’article «Un 7-octobre personnel» est apparu en premier sur Causeur.

Mar 28, 2025 - 19:22
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«Un 7-octobre personnel»

Trois hommes ont été condamnés à huit ans de prison pour l’enlèvement d’Itay Kashti, un producteur de musique israélien vivant à Londres qu’ils ont attiré au Pays de Galles, ligoté à un radiateur et agressé.


Le 7 octobre 2023 restera gravé dans l’esprit d’Itay Kashti, producteur de musique israélo-britannique, comme une date marquée par l’horreur. Ce jour-là, Israël subissait une attaque sans précédent du Hamas, laissant un traumatisme collectif profond. Moins d’un an plus tard, en août 2024, Kashti a vécu son propre « 7 octobre » personnel lorsqu’il a été victime d’un enlèvement et d’une agression brutale au Pays de Galles. Ce crime a été commis par trois hommes, Faiz Shah, Mohammad Comrie et Elijah Ogunnubi-Sime, en raison de son identité juive et de son soutien à Israël. Comme lors des attaques en Israël, il s’est retrouvé pris au piège, ciblé pour ce qu’il est et ce qu’il représente, confronté à une haine implacable et à une violence extrême.

L’attaque avait été soigneusement planifiée : les agresseurs avaient utilisé des identités fictives pour attirer Kashti dans une maison isolée via une fausse location Airbnb à Carmarthenshire. Une fois sur place, il a été battu, menacé de mort et maintenu captif pendant plusieurs heures, avant de réussir à s’échapper, blessé et choqué.

Les motivations des agresseurs allaient au-delà de la simple extorsion. Des messages Telegram entre les trois hommes ont révélé qu’ils cherchaient à exercer une pression psychologique et physique sur Kashti, en le soumettant à des humiliations. Leur antisémitisme était flagrant, justifiant leur violence par des raisons idéologiques liées au soutien de Kashti à Israël. Ils avaient même envisagé de filmer l’agression pour augmenter la souffrance de la victime. Ce crime, marqué par une violence extrême et un discours haineux, a non seulement traumatisé Kashti, mais a aussi soulevé des inquiétudes quant à la montée de l’intolérance et de la haine en Europe.

Ce crime répondait à un double objectif pour ses auteurs : d’un côté, ils cherchaient à obtenir une rançon, exploitant leur victime pour un gain financier ; de l’autre, leur acte était motivé par une haine antisémite explicite, transformant cette agression en un acte de terreur ciblé. Leur obsession pour l’identité juive de Kashti, couplée à leur avidité, illustre un schéma inquiétant où la criminalité se mêle à l’idéologie extrémiste.

Malgré leur planification, les agresseurs ont montré une absence flagrante de préparation. Leur tentative d’évasion en taxi a échoué, révélant leur imprévoyance et leur amateurisme. De plus, ils ont laissé derrière eux de nombreuses preuves, facilitant leur identification et leur arrestation rapide par les autorités. Cette imprécision dans l’exécution de leur crime souligne à la fois leur amateurisme et la nature impulsive de leur passage à l’acte, ancré dans une haine viscérale plus que dans une véritable stratégie criminelle.

La sentence de huit ans de prison prononcée contre les trois hommes a été saluée, mais elle ne suffit pas à effacer le traumatisme psychologique vécu par Kashti. Depuis l’incident, il souffre de troubles anxieux, de paranoïa, et d’une perte de confiance en autrui. Ce crime est symptomatique de la montée des actes de violence motivés par des préjugés raciaux, religieux et politiques, un phénomène inquiétant qui touche de plus en plus les communautés vulnérables, notamment les communautés juives en Europe.

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