Portrait d’une chute : Yoon, d’une part, Trump de l’autre, par PiBi
Illustration par ChatGPT 4o L’ennemi extérieur peut renverser un pouvoir, mais l’ennemi intérieur peut y réussir aussi bien. C’est le cas en particulier pour des figures politiques marquées par une dérive autoritaire, comme l’était Yoon encore ce matin en Corée du Sud, et comme l’est toujours Trump ce soir aux États-Unis. Yoon, ancien procureur, a gouverné au nom de l’État de droit tout en muselant les voix critiques. Il a accusé médias et intellectuels d’être “de gauche” ou de diffuser de “fausses nouvelles”, mobilisé le parquet contre ses opposants, tenté de prendre le contrôle des médias publics, et nommé à … Lire la suite...

Illustration par ChatGPT 4o
L’ennemi extérieur peut renverser un pouvoir, mais l’ennemi intérieur peut y réussir aussi bien. C’est le cas en particulier pour des figures politiques marquées par une dérive autoritaire, comme l’était Yoon encore ce matin en Corée du Sud, et comme l’est toujours Trump ce soir aux États-Unis.
Yoon, ancien procureur, a gouverné au nom de l’État de droit tout en muselant les voix critiques. Il a accusé médias et intellectuels d’être “de gauche” ou de diffuser de “fausses nouvelles”, mobilisé le parquet contre ses opposants, tenté de prendre le contrôle des médias publics, et nommé à des postes-clés des figures ouvertement partisanes. On comprend aujourd’hui qu’il avait prévu d’instaurer la loi martiale à la fin de son mandat.
En ce 4 avril 2025, la Cour constitutionnelle l’a destitué à l’unanimité. Un signal fort : la démocratie coréenne a tenu bon.
Trump, quant à lui, poursuit une trajectoire tout aussi inquiétante. Il s’est retiré de l’OMS et de l’Accord de Paris, a qualifié la presse d’“ennemie du peuple”, exploité les divisions identitaires à des fins électorales. Il conteste toujours sa défaite en 2020, affaiblit les institutions, et envisage sérieusement de briguer un troisième mandat en détournant le texte de la Constitution. Il impose désormais au monde sa conception délirante du protectionnisme. La démocratie américaine vacille.
Les deux hommes rejettent la critique, ignorent les faits, et se retranchent dans une vérité qui n’appartient qu’à eux. Ils ont partagé une même idéologie : celle d’un pouvoir conçu comme un instrument à usage personnel plutôt qu’un mandat au service du bien commun.
Leurs destins divergent pour l’instant : Yoon a été destitué. Trump de son côté demeure hors de contrôle mais si sa trajectoire se poursuit sur sa lancée présente, lui aussi choira : une destitution, si complexe soit-elle, n’est plus à exclure. L’exemple coréen pourrait bien se transformer en avertissement à portée universelle.
Yoon et Trump sont les symboles d’un pouvoir s’effondrant sous le poids de ses outrances. L’arrogance, la certitude, et le refus d’écouter les autres sont le moteur de leur propre perte.
Notre responsabilité est-elle engagée ? Sommes-nous la cause ultime de l’accès au pouvoir de tels personnages, comme le suppose le modèle démocratique, ou bien la mécanique repose-t-elle sur d’autres principes, hors de portée de nos prises de décision individuelles ?
Illustration par ChatGPT 4o