Francesca Albanese et les hypocrisies du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU

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Avr 3, 2025 - 14:58
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Francesca Albanese et les hypocrisies du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU

La rapporteuse très très spéciale de l’ONU verra-t-elle son mandat renouvelé demain ? Coulisses…


Sera-t-elle reconduite? On pensait que la décision serait annoncée le 1er avril ; on parle aujourd’hui du 4 avril…

C’est alors que nous saurons si le mandat de trois ans de Mme Francesca Albanese, Rapporteur spécial aux Droits de l’Homme dans les Territoires occupés par Israël depuis 1967, sera renouvelé par le Président du Conseil des Droits de l’Homme. Il y a toutes les chances qu’il le soit, la plupart des 47 pays qui composent ce Conseil sont satisfaits, et plusieurs même admiratifs de la façon dont la magistrate italienne a effectué son premier mandat. Il y a bien ceux qui bougonnent, les diplomaties et parfois les groupes de députés de France, Allemagne, Pays Bas, sans compter les nombreuses organisations juives, qui ont dit que Mme Albanese n’était pas digne de ses fonctions. Mais aucun de ces pays, sans compter les Américains qui viennent de quitter le Conseil, ne semble avoir émis d’opposition officielle.

Lobby juif

Le contentieux est pourtant lourd. UN Watch, cette remarquable organisation basée à Genève a identifié dans un rapport d’octobre dernier 53 instances où Mme Albanese avait émis des propos auxquels on peut attribuer un caractère antisémite sur les critères usuels de l’IHRA.

Parmi les exemples, déni des atrocités commises le 7-Octobre, mise en doute systématique des témoignages de violences contre les otages, soutien explicite au Hamas décrit comme un mouvement de résistance, assimilation des Israéliens aux nazis et de Netanyahu à Hitler.

En 2014, bien avant d’être nommée à l’ONU, Mme Albanese écrit à l’évêque de sa ville italienne natale. Elle lui décrit à des fins de Fundraising pour l’UNWRA pour laquelle elle travaille les souffrances des Palestiniens de façon particulièrement tragique, s’étonne de ce que les Etats-Unis et les pays européens réagissent si peu et conclut: « C’est parce qu’ils sont subjugués par le lobby juif…». 

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Mme Albenese utilise sans relâche le mot de génocide. De fait, une organisation qu’elle avait elle-même créée en Jordanie, prétend avoir été la première à marteler ce terme dans le but de criminaliser les Israéliens.

En mars 2024, exploitant son image de juriste internationale, bien avant les plaidoiries israéliennes et sud africaines devant la CIJ et bien avant que celle-ci ne décide de reporter sa décision finale, Mme Albanese  intitule son rapport à l’ONU «Anatomie d’un génocide», copiant le titre d’un livre de l’historien Omer Bartov sur l’extermination d’un village de Galicie par les nazis. Elle n’y apporte pas la moindre preuve que Israël détruit intentionnellement la population civile de Gaza. Du reste, à suivre son argumentation, n’importe quelle opération militaire où des civils trouvent la mort pourrait être qualifiée de génocidaire, si Mme Albanese était intéressée à l’appeler ainsi. Mais il se trouve qu’elle est exclusivement polarisée contre Israël. 

Mme Albanese ne nie pas la Shoah, mais celle-ci ne l’intéresse que dans la mesure où à en parler, on risque de faire le jeu du lobby juif et à négliger ce qui est pour elle l’essence du conflit israélo-palestinien, comme elle l’a dit à un journaliste: les Palestiniens sont avant tout les survivants d’un génocide, celui de la Neqba. De la même façon, son mari, qui après avoir été conseiller économique du gouvernement palestinien est économiste de la Banque Mondiale à Tunis, publie sur les réseaux sociaux des textes particulièrement violents contre Israël, mais il pense peut-être qu’il honore les combattants du ghetto de Varsovie en les comparant à ceux du Hamas.

Un mandat hypocrite

Le passé militant de Mme Albanese, ses dérapages antisémites, les liens de son mari avec l’Autorité Palestinienne, étaient connus de la commission qui a analysé le profil  des candidats au poste de rapporteur dans les territoires Palestiniens, poste qui suivant les statuts requiert une complète impartialité. Comment après le choix d’une candidate aussi manifestement biaisée et qui dès les premiers mois de sa nomination en 2022 a attaqué Israël avec une virulence particulière le Président du Conseil des droits de l’Homme a-t-il osé déclarer que la commission de sélection (quatre pays dont l’Afrique du Sud et la Malaisie, deux pays particulièrement hostiles à Israël) avait fait un travail irréprochable? Tout simplement parce que tout est hypocrite dans ce mandat de Rapporteur. Statutairement il ne s’intéresse qu’aux  violations qui peuvent être attribuées à Israël, jamais à celles dont les Palestiniens pourraient être coupables.

Ce poste a été créé en février 1993. Quelques mois plus tard, après les accords d’Oslo, une autre entité exerçait un pouvoir sur cette zone, l’Autorité Palestinienne, puis après 2007 le Hamas à Gaza. Certains Rapporteurs ont au début demandé une extension de leur champ d’investigation aux exactions commises par les Palestiniens. Ce ne fut jamais accepté. 

Les biais qui ont déconsidéré la Commission des Droits de l’Homme ont persisté quand celle-ci fut remplacée par un Conseil des Droits de l’Homme: la loi des nombres dominait, Israël était la cible prioritaire, sans cesse condamné, alors que les pays les plus tyranniques de la planète siégeaient au Conseil en se drapant d’une virginité institutionnelle.

Seuls des antisionistes pouvaient postuler à des postes tels que celui de Rapporteur sur les violations des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens. aussi spectaculaire que soit Mme Albanese, elle suit une chaine antisioniste. Face à Israël il y a 57 pays membres de l’Organisation de la Coopération Islamique. Leurs représentants et les pays alliés géopolitiques ou occasionnels font la loi au Conseil des Droits de l’Homme. Et il arrive trop souvent que les démocraties occidentales, la France parmi elles, s’accommodent plutôt que de lutter contre le courant….Qu’en sera-t-il au sujet de Mme Albanese ?

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