Commerce international: Donald Trump sanctionne sévèrement les mercantis…

Avant de retourner à une nouvelle partie de golf, le président américain a donc dévoilé cette semaine les redoutables nouveaux tarifs douaniers américains. La Bourse dégringole, l’OMC et le FMI s’inquiètent. En France, nos exportateurs se demandent où réorienter certains de nos bons petits produits nationaux. Récit amusé... L’article Commerce international: Donald Trump sanctionne sévèrement les mercantis… est apparu en premier sur Causeur.

Avr 5, 2025 - 20:00
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Commerce international: Donald Trump sanctionne sévèrement les mercantis…

Avant de retourner à une nouvelle partie de golf, le président américain a donc dévoilé cette semaine les redoutables nouveaux tarifs douaniers américains. La Bourse dégringole, l’OMC et le FMI s’inquiètent. En France, nos exportateurs se demandent où réorienter certains de nos bons petits produits nationaux. Récit amusé.


La vie ne consiste pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie.
Sénèque.

Après moi, le déluge.
Attribué à Louis XV.


Finalement, la vérité éclate au grand jour : les États-Unis d’Amérique étaient depuis longtemps une nation persécutée et odieusement exploitée économiquement par le monde entier. C’est terminé.  Heureusement. le fondateur de la Trump University prend des mesures énergiques : bien mal acquis ne profite jamais. Est longue la liste des Etats et territoires voyous qui inondent l’Amérique de leur produits industriels, et qui sont frappés de droits de douane scientifiquement calculés, modulés en fonction de l’hostilité du pays concerné.

Fromages puants et îles oubliées

Parmi les pires délinquants, il y a le bien connu impérialiste Lesotho, qui terrorise les ménagères des banlieues avec son agressive marine marchande; la sanction est 50%.

Le président Donald Trump présente de nouveaux tarifs douaniers lors du « Jour de la Libération » dans la roseraie de la Maison-Blanche, le 2 avril 2025, à Washington © Samuel Corum/Sipa USA/SIPA

En Indochine, le Cambodge fait face au taux de 49%, l’infâme Laos, 48%; quant au Vietnam, qui n’a aucune gratitude envers le pays qui l’a jadis généreusement arrosé d’agent orange, le chiffre déterminé par Sa Majesté tout aussi orange est 46%. Gare aux buveurs de thé : 44% pour le Sri Lanka. N’oublions surtout pas les îles malouines (alias Falklands) 41%. Signalons au passage Haïti, 10%.

Plus spécifiquement, quid de la France? On note que l’Union européenne (évidemment conçue par Robert Schuman dès l’origine dans le seul but de léser les Etats-Unis, suite au plan Marshall) se voit imposer un taux de 20%. Le Grand-Marnier coûtera nettement plus cher, ainsi que les fromages puants (« stinking cheeses » en v.o.). Le gastronome yankee économe devra se rabattre sur la bière Schlitz et le Velveeta.

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Mais des ennemis encore plus coriaces, même s’ils font partie intégrante de la République une et indivisible française (et donc de l’UE), se voient imposer un supplément. Quelques exemples. Pour les crustacés de Saint-Pierre-et-Miquelon, 50% (+20%), mais ce n’est que justice pour cette plaque tournante qui contribua au trafic d’alcool pendant la prohibition. Le châtiment, comme la vengeance, est un plat de crevettes qui se mange froid. La Guyane française n’échappe pas au courroux du président : 10% (+20%),  idem pour Mayotte, la Polynésie française, etc…

Toutes les dépendances françaises sont visées. Toutes? Non.

Passent entre les gouttes deux territoires français stratégiques commercialement : les îles Kerguelen et l’île de Clipperton.

Il y a d’autres ratés. N’ont pas échappé au regard inquisitif et acéré des méticuleux services de recherche de la présidence des concurrents comme les Îles Heard-et-MacDonald; les manchots ne sont peut-être pas ceux qu’on pense. Mais alors, comment expliquer que Tristan da Cunha soit aussi passé à travers les mailles du filet?

Plus irritant encore, le continent antarctique dans son ensemble, incluant le secteur français, échappe aux droits de douane.

Foin d’un malséant pessimisme. L’actualité boursière n’a rien pour inquiéter el presidente, qui s’est immédiatement rendu à son « war room » (en v.o., « salle de crise » en v.f.), le Trump International Golf Club, d’où il œuvre sereinement pour ses administrés, qui peuvent le suivre sur l’écran divisé qu’il a créé pour l’occasion. Il ne joue jamais « hors limite » et il est le maître incontesté du dix-neuvième trou. 

Somme toute, toute cela est de bon augure pour le consommateur américain, surtout retraité, qui s’épanouit, pleinement rassuré, sur son green à lui.

Mais il y a encore du travail.

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